La Plateforme de Transfert en Biologie Cancérologique
La Plateforme de Transfert en Biologie Cancérologique (PTBC) de Dijon est rattachée au centre de lutte contre le cancer Georges-François Leclerc (CGFL), à l’Université de Bourgogne Franche-Comté (UBFC) et au Centre de Recherche Inserm 1231 « Lipides Nutrition Cancer ».
Ensemble, dépassons le cancer.

La Plateforme de Transfert en Biologie Cancérologique a pour vocation de mettre à disposition des entreprises privées et des chercheurs académiques des compétences technologiques de pointes ainsi qu’une expertise pluridisciplinaire permettant une prise en charge optimale des projets. Les domaines de prédilection de cette plateforme sont l’exploration des mécanismes des pathologies cancéreuses et inflammatoires. Cependant, d’autres domaines peuvent aussi être étudiés.
La plateforme est composée de cliniciens et chercheurs spécialisés dans le développement, la mise en œuvre et l’analyse de projets de recherche fondamentale et clinique. Grâce à la présence de 4 compétences (Biologie Moléculaire, Immunomonitoring, Histologie et Bioinformatique/Biostatistique), les projets peuvent être pris en charge dans leur intégralité.
La plateforme met à disposition ses services dans le séquençage NGS (DNAseq, RNAseq) et toute technique d’analyses biomoléculaires, dans la caractérisation des cellules immunitaires circulantes et infiltrantes, ainsi que dans l’exploitation statistiques de données de grande dimension.
C’est une plateforme qui permet d’être mis en contact avec différents acteurs du projet de recherche spécialistes de leur domaine. Elle apporte des conseils sur la problématique biologique et des réflexions scientifiques nécessaires au bon déroulé de l’étude.
Les différents projets sont mis en œuvre rapidement au sein de cette structure et suivis par les différents spécialistes des domaines de l’étude. Chaque projet mis en place pourra bénéficier d’une aide dans sa valorisation (publications, dépôts de brevet, mise en place d’essais cliniques).
Projet « Cancer du pancréas et inflammation »

L’adénocarcinome canalaire pancréatique (ACP) est un enjeu majeur de santé publique, compte tenu de l’augmentation significative de son incidence au cours des 30 dernières années, de l’absence de dépistage et de son mauvais pronostic. L’arsenal thérapeutique actuellement disponible pour l’ACP est assez limité. Le seul traitement est la chirurgie lorsque la maladie est résécable.
Au stade métastatique, le traitement repose sur une combinaison de chimiothérapies cytotoxiques. Le traitement du cancer a été révolutionné ces dernières années par l’utilisation d’immunothérapies, telles que les inhibiteurs de points de contrôles immunitaires. Cependant, les essais cliniques utilisant ces inhibiteurs seuls ou en combinaison avec la chimiothérapie pour traiter l’ACP ont été décevants. Il est donc nécessaire de comprendre les mécanismes de résistance à ces thérapies.
L’IL-1β est une cytokine pro-inflammatoire dont il a été démontré qu’elle influence la composition du microenvironnement
tumoral pancréatique et la progression de la maladie.
Nous proposons donc ici d’étudier l’impact de l’IL-1β sur l’efficacité de la chimio-immunothérapie.
Ce programme pourrait permettre de proposer des inhibiteurs de l’IL-1β en association avec une chimio-immunothérapie
dans un essai clinique.
Projet « Inhibiteurs de KRAS et immunothérapie »

La chimio-immunothérapie, qui associe chimiothérapie (qui vise à tuer les cellules cancéreuses) et immunothérapie (qui vise à stimuler les défenses immunitaires contre le cancer), a permis des avancées importantes dans le traitement de certains cancers, comme celui du poumon. Mais près d’un patient sur deux n’en bénéficie pas durablement, et pour le cancer du pancréas, cette approche reste inefficace.
Ces cancers présentent souvent une activation du gène KRAS (gène qui force la multiplication des cellules cancéreuses). KRAS a longtemps été considéré comme une cible thérapeutique « intouchable ». Mais les progrès de ces dernières années ont permis le développement de nouveaux médicaments : les inhibiteurs de KRAS. Ces médicaments sont déjà utilisés en clinique et ils suscitent donc beaucoup d’espoir pour la sensibilisation des cancers résistants à l’immunothérapie ou à la chimio-immunothérapie.
Nos recherches ont révélé que bloquer les signaux induits par l’activation de KRAS permet à la chimiothérapie de stimuler plus fortement la réponse immunitaire, en attirant davantage de globules blancs (les lymphocytes « tueurs ») vers la tumeur. Pourtant, dans certains modèles de cancers très résistants, cet effet n’est pas observé.
Notre projet vise donc à comprendre pourquoi les inhibiteurs de KRAS n’arrivent pas à « amplifier » les effets de la chimio-immunothérapie dans ces modèles et à trouver des moyens de contourner ce blocage.
À terme, ce travail devrait permettre de mieux comprendre les résistances aux traitements combinant chimioimmunothérapie et inhibiteurs de KRAS, et d’optimiser leur utilisation pour offrir de nouvelles perspectives aux patients.